|
Une petite histoire
véridique et édifiante :
Un gagnant du loto :
Quand
la chance peut rendre fou,
ce qui n’est pas synonyme
d’avoir une chance folle !
J’habitais à cette époque à Clichy, dans la proche
banlieue parisienne. C’était en 1988. J’avais alors l’occasion de
rencontrer divers milieux défavorisés dont celui des immigrés. J’en
profitais pour faire mon petit marché d’histoires et anecdotes en me
“tricotant des souvenirs” pour mes vieux jours comme l’on dit ! L’une
me laissa longtemps pensif. Qu’y avait-il comme enseignement à en tirer?
-
“Nous sommes tous joueurs devant l’éternel, c’est bien connu, et
principalement lorsque nous sommes pauvres. Bien sûr il y a la
catégorie des gens aisés, pour qui jouer est un passe-temps ou un
divertissement. Nous, jouons souvent et plus particulièrement au jeux
du hasard car nous savons que notre sort sur cette terre est bien
dérisoire et que de toutes façons personne ne viendra nous sortir de la
misère et de la vie précaire dans laquelle nous végétons. De plus,
comme nous sommes, nous avons du mal à nous libérer de nos liens
terrestres qui nous enchaînent à nos passions, et nous empêchent de
vivre libre face à l’éternel dans notre temps présent. Alors, nous
tentons notre chance aux jeux.
Mais
la chance qui vous sourit parfois, (encore qu’elle soit rare),
peut se retourner contre nous et avoir des effets dévastateurs. Ce
n’est d’ailleurs pas pour rien que le Coran stipule dans l’un de ses
versets, d’éviter de tenter le hasard par les jeux. Mais rien n’est
interdit, cela est fortement suggéré pour les personnes à l’esprit
fragile!
Et
pour illustrer cette recommandation, je peux dire que j’ai pu
constater les effets ravageurs d’une mésaventure dont fut victime un
ami.
Comme la plupart
d’entre nous, après la semaine passée au travail à la chaîne dans une
usine de montage, nous jouons. Nous misons sur les chevaux ou sur les
jeux de la chance. Un jour, Madjid, joue 15 francs (2,30 Euros) au loto
comme à son habitude et gagne une forte somme de plusieurs millions de
francs.
Il
est inutile de vous dire ce qu’il ressentit à ce moment là. Seuls
les joueurs peuvent vous décrire l’enchaînement des divers
mouvements de vos secrets intimes soudain remontés à la surface de
votre auguste personne. Les plus proches personnes se trouvant
présentes par “hasard” à ce moment là, pouvant se faire une image de
ces sensations que l’on nommera pudiquement d’extra-ordinaire.
Bref,
notre ami Madjid, qui regardait les résultats sur le poste de
télévision du foyer des travailleurs en compagnie de ses copains
immigrés, fête l’événement en bonne compagnie, comme il se doit.
Il
est toujours sain de partager sa joie quand on en a une à offrir et
Madjid n’étant pas d’un naturel égoïste, la fête fut heureuse avec ses
amis. Nous ne vous donneront pas de détails sur cette soirée et celles
qui suivirent car on peut facilement imaginer ce que cela donna…
Notre
ami ayant cependant la tête sur les épaules et deux doigts de
jujote, se dit alors, qu’il était temps de mettre à profit cette
situation pour réaliser les vieux rêves qu’il ressassait depuis des
décennies, à savoir retourner au village et y passer le restant de ses
jours au milieu des siens, sans avoir à continuer à trimer stupidement
pour un salaire de misère, sous les injures des chefs d’ateliers
occidentaux qui vous massacraient l’humeur à longueur de semaines pour
accélérer des cadences de travail dans un bruit digne de l’enfer.
“Que
nous rentrions chez nous!”
Enfin le rêve devenu
réalité. A cela, me direz-vous, rien que de bien normal. En politique,
on pourrait même dire que les esprits grincheux du genre extrême droite
n’y verraient pas non plus à y redire… Encore que, avec leur mauvaise
foi,ils trouveraient probablement injustes que nous ne rentrions pas
chez nous les mains vides. Ce qui ne serait pas pour nous
étonner… Mais passons, ils y en a qui n’évolurons pas. Il est donc
inutile de s’étendre sur ce sujet mineur. Allah n’a pas déposé à tous
le monde ses dons et il convient de pardonner les agissements de ceux
qui ne savent pas encore que nous sommes tous frères sur cette planète.
Madjid
pris donc la bonne résolution de rentrer définitivement au pays.
Fini les années galères à vous casser bêtement la santé pour engraisser
ces riches civilisés. “En avant la liberté!”
Il
annonça donc son retour par courrier au chef du village qui le fait
lire par l’instituteur, car il n’y a pas de poste et le courrier n’est
distribué dans ces contrée éloignées que par le taxi de brousse de
liaison au passage parfois hebdomadaire. De plus, nombreux sont ceux
d’entre-nous qui ne savent pas encore lire.
A
l’usine, Madjid, annonça qu’il quittait définitivement son lieu de
travail et rentrait chez lui. Il rendit la chambre qu’il occupait au
foyer et donna autour de lui les quelques affaires encombrantes qui lui
restait. Il ne reviendrait plus jamais dans ces pays froid où
l’hospitalité se mesure au profit que l’on peut tirer de votre maigre
carcasse.
Il
va s’en dire que le village était impatient de voir son héro. Tout
avait été préparé pour fêter le retour de ce digne fils qui revenait
dans l’aisance et dont la communauté espérait bien aussi récupérer
quelques avantages. Tant il est vrai que tout se partage dans nos
communautés manquant de tout.
En homme prévoyant,
Madjid changea à sa descente d’avion, les nombreux billets de banque
français et rempli une grosse valise neuve, avec de la monnaie locale
(le CFA), en grosses coupures. Il fit ensuite les magasins de la
capitale et acheta des cadeaux pour les proches du village en prenant
soin de choisir ce qui leurs convenaient le mieux. Il chargea un taxi
entier avec tous ses paquets. Et plaça la valise contenant sa fortune
sous le siège arrière et s’en fut vers le village loin de plusieurs
centaines de kilomètres.
La
joie et la bonne humeur dura tout le temps du voyage en discussions
et rigolades. Le chauffeur s’extasiant de cette chance qui bénéficiait
pour une fois à l’un de ses frères du pays. Après plusieurs heures de
route et de piste, Madjid arriva enfin au village et le klaxon
rassembla tous les habitants. On
s’embrasse, on crie, on chante, on salue le héro et remercie au passage
le chauffeur en lui laissant un bon pourboire. Lequel s’empresse de
vider son taxi avec célérité et reprend le chemin de la capitale.
Tout à sa joie des retrouvailles, notre Madjid en oublie cependant de
prendre la valise qui se trouvait sous le siège arrière et qui
renfermait tous ses millions.
Cette
constatation provoqua la consternation quand il s’en rendit
compte quelques minutes après. Mais il était trop tard. Le taxi était
déjà loin et n’a jamais été retrouvé. La valise non plus!
Alors
s’en suivit la descente aux enfers pour Madjid. Il se traita de
tous les noms, et devant la triste réalité de son sort, il s’accabla
lui-même au point d’en perdre la raison et plongea dans la folie. A ce
jour, il erre dans le village, se parlant tout seul en se demandant
comment il avait pu perdre en quelques minutes tous ses rêves enfin
réalisés.
Le
village, dans sa grande compassion s’occupe toujours de lui mais sa
raison a pris une voie lointaine au point qu’il ne reconnaît maintenant
même plus les siens quand ils lui parlent doucement.
N’avait-il
pas pourtant appris dans son enfance, en gardant les
troupeaux qu’il convenait de relativiser ses passions si l’on ne
voulait pas tomber dans un précipice… Car tout est illusion. Si
l’existence ne vaut guère plus qu’un grain de sable, alors combien peut
valoir les richesses matérielles de ces bouts de papiers? Des mirages,
tout cela, comme le chauffeur du taxi que l’on ne reverra plus…
Qu’Allah le bénisse lui aussi, car toute créature de l’éternel à droit
à sa bienveillance…
Tel
était à peu près le récit que me racontait à l’époque un ami
Sénégalais, après la mésaventure de l’un des siens, habitant le même
village, dans le nord-est, au portes du désert, à la frontière
mauritanienne. Là où les grains de sables se comptent par centaines, en
millions, milliards, triallards, et que sais-je encore. Mon esprit n’en
pouvant en concevoir l’énormité, tellement ils sont petits et
innombrables. A en devenir déraisonnable…
Petite
nouvelle écrite par Pierre Sarramagnan-Souchier, le
19.01.2004.
UNE
SOLUTION : 2 + 2 = 5 !
Quand la chance arrive et pour éviter d’en
avoir la migraine…
On
peut toujours rêver me direz-vous, mais puisque l’on m’a posé la
question de l’utilisation de gains que je peux faire en cas de chance,
j’en profite pour vous donner ma solution : J’additionne le nombre des
membres de ma famille, soit 4 (2 enfants + 2 parents) et je rajoute “la
part du pauvre”, ce qui fait 5.
Je
divise ensuite le montant total du gain par le nombre obtenu (5 dans
mon cas!).
J’ai
alors le montant que je donne à part égale à chacun des
participants.
Chaque participant
peut alors gêrer cette somme à sa convenance.
Pour la part dite du pauvre, je la
place le plus intelligemment dans l’une des nombreuses associations et
démarches humanitaires qui se trouve dans ma page des liens pour le
développement. *
Je
participe ainsi à l’amélioration du sort de plus déshérités
que moi en toute équité et sans être dans le besoin personnel.
Bon,
maintenant, je vous vois venir ! Vous allez me demander ce que je
fais ensuite de la part qui me revient ! Là, c’est personnel !
N’insistez pas, j’ai dit que c’était personnel !
Evidemment,
pour ceux qui me connaissent, vous pouvez peut-être
imaginer que je vais suivre l’enseignement du Christ et donner toute la
part qui me revient aux pauvres. Ce qui leurs feraient deux parts… Ce
serait le paradis assuré pour moi comme le disait notre Ressuscité du
Golgotha.
Mais
en toute modestie, je ne vous en dirais rien pour ne pas vous
provoquer, vu que le Paradis n’appartient qu’à ceux qui le désirent
vraiment, en toute sérénité, indépendance et discrétion !
Donc
libre à vous d’en faire autant et de choisir votre chemin en
fonction de votre démarche…
Votre Serviteur, le 25.11.2004.
Note : Petite modification du 25.03.2006 :
Finalement, après avoir lu la
vie de la Sainte Vierge d’après les visions d’Anna Catharina
Emmerick *, je change et
je vais faire comme les parents de la Sainte Vierge.
Anne
et Joachim partageaient chaque année leur troupeau en trois parts.
L'une
pour l’Eglise, l’une pour les Pauvres et une dernière modeste
part pour leur Famille.
C’était
une petite part qu’ils se réservaient pour l’année, mais leur
générosité était grandement récompensée puisque chaque année, la
richesse de leur troupeau grandissait en se recomposant rapidement et
ils pouvaient ainsi augmenter leurs dons l’année suivante.
Ils
restaient ainsi le couple le plus pur que le Ciel ait connu depuis
la création de l'Univers et étaient préparés à pouvoir entrer dans le
Royaume de Dieu.
Peut-être
connaissaient-il déjà (en avance) la phrase de leur
petit-fils Jésus de Nazareth qui est relatée dans les évangiles de
Saint Mathieu au chapitre 19, verset 23 : “Je vous le dis en
vérité, un riche entrera difficilement dans le Royaume des Cieux.”
Je
ne serais donc pas plus saint que les grand-parents du Christ
et je prendrais donc exemple sur eux pour leur mode de partage… pour le
cas où la bonne fortune me visiterait !”
Pierre Sarramagnan-Souchier, le 25.03.2006.
Pour les droits de reproductions des
textes et illustrations de ce site, voir en fin d’article et en bas de
la page dédiée à La Vierge du
Mexique et d’Egypte.
Cette petite
histoire (actualisée en 2019) est également disponible pour vos
commentaires sur le site Agoravox en cliquant ici !
|
|